Communiquer demain, les dynamiques du métier de communicant engagé

À l’heure de la globalisation, la communication engagée peut-elle être actrice d’un changement mondial ? Peut-elle mobiliser une forme d’engagement dans l’objectif de faire évoluer les modes de pensées et susciter un changement comportemental.

La notion de communication engagée est étroitement liée aux processus d’influence sur les individus et les sociétés dans l’optique d’un changement global, ainsi qu’aux valeurs personnelles et de l’éthique professionnelle dans les choix et engagements. 

Nous avons exploré la place qu’occupe le communicant engagé dans la sphère des professionnels de la communication et l’évolution des pratiques qui sont employées pour mobiliser une forme d’engagement auprès des publics.

Communicant : Un métier qui a du sens

Les convictions personnelles de chaque communicant ont été le facteur central et la principale motivation dans leur choix d’intégrer la communication engagée. Laurent Thévenot et Boltanski soutiennent l’idée que nos actions sont toutes guidées par un principe supérieur, ici leurs opinions. 

Les professionnels de la communication apportent une notion évolutive au monde du travail. Ce n’est pas seulement un moyen de gagner leur vie, c’est principalement un moyen pour transmettre, partager leurs connaissances et donner du sens à leur vie, à leur travail.

Des enjeux sociétaux

Le communicant engagé cherche à communiquer intelligemment pour avoir un impact positif sur le monde et débloquer les idées négatives qui freinent l’engagement des publics. L’enjeu majeur est d’apporter des solutions, en travaillant sur différents aspects sociétaux. Les mentalités sur l’engagement ont, depuis une trentaine d’années, considérablement évolué. Aujourd’hui, chacun est libre de parler de son engagement pour une cause. De plus en plus de personnes, notamment des jeunes rejoignent “des mouvements de lutte”. La prise de conscience est bien là, il ne reste plus qu’à démocratiser l’action. 

Le communicant engagé détient les connaissances pour traduire les messages aux publics. Il a « le pouvoir » de par son action, de faire évoluer les modes de pensée. Il met en place des outils et des méthodes pour relier les publics et les faire évoluer dans la cause qu’ils défendent. 

Les méthodes

La communication passe par un travail d’information, d’explication et de vulgarisation. Le communicant essaie de favoriser l’interaction avec les publics pour mieux les connaître et adapter au mieux leur message à leur univers. 

Pour susciter l’engagement, les communicants adoptent une démarche pédagogique qui vise à traduire des messages, vulgariser des termes compliqués, être à l’écoute et accompagner les publics. Les interrogés préconisent de pratiquer une communication relationnelle et émotionnelle.
L’attention se porte également sur le message à transmettre. Les communicants s’accordent à dire que la véracité des propos est primordiale car les contenus transmis vont aussi être une source prise en compte par les publics. Les publics doivent avoir confiance en l’information pour l’intégrer.  

Dynamique d’évolution

Dynamique d’évolution de la professionnalisation

Le passage au numérique accélère les échanges, engendre une mutation des messages et pousse à l’adaptation des professionnels dans un besoin constant de renouvellement et de formation.

C’est un secteur qui a envie de se transformer et de se remettre en question. Nous remarquons une accélération dans la prise de conscience dans le domaine de la communication. Depuis 5 à 6 ans, il y a un mouvement de fond motivé par les rapports sociaux et les enjeux environnementaux.

Dynamique d’évolution sociétale

Le secteur privé montre l’idée d’une évolution présente. Il y a la communication d’avant “des années de grande consommation” où le consommateur est la cible et il y le consommateur d’aujourd’hui que l’on voit enfin comme un être multiple, un “sujet citoyen”.  Selon les interviewés, les valeurs attendues en communication sont : la transparence, l’éthique et l’équité. De l’avenir, ils partagent la même vision. Plus il y aura de communicants engagés qui donneront du sens à leur travail, plus la communication engagée aura un impact sur la société.  

 

Donc entre nous...

La communication engagée n’est pas à confondre avec la communication engageante. Toute communication d’une organisation qui “s’engage” peut cacher un manque de pratiques réellement responsables. Par conséquent, la communication engagée n’est pas forcément engageante. L’engagement des publics dépend étroitement des réelles intentions de l’organisation et des convictions personnelles de leurs communicants. 

 

Enfin l’avènement du numérique joue un rôle central dans la mobilisation des publics puisqu’il permet d’ajuster les messages à l’univers de la cible. Son instantanéité permet de mettre à disposition toutes les informations nécessaires pour nourrir les opinions et ainsi le digital fournit les clés pour faire changer les comportements.

Les processus d’influence sur les individus pour obtenir un changement de comportement se font grâce à de petites actions menées sur le long terme. Les communicants jouent sur l’affect du public tout en cherchant à informer les populations. 


À nous de jouer !