Les institutions culturelles montpelliéraines face à la crise sanitaire

Agnès Robin nous donne son avis…

Agnès Robin est actuellement adjointe à la culture à la mairie de Montpellier.

Maître de conférences à l’Université de Montpellier et directrice du Master 2 Droit de la propriété intellectuelle et TIC. Elle centre ses recherches sur le droit de la propriété intellectuelle (droit d’auteur, brevet, marques, etc.), TIC, droit de l’internet, droit de l’innovation et de la recherche.

Le Musée Fabre

Cette crise a bien entendu été une contrainte inédite pour le musée puisque celui-ci a dû fermer ses portes et se couper ainsi de ses visiteurs pour la première fois depuis sa réouverture en 2007… Cependant, elle peut être partiellement interprétée comme un levier en ce qu’elle a mis en évidence la nécessité pour le musée d’occuper en force le terrain de la diffusion sur internet, défi que l’établissement a remarquablement relevé.

Le Musée Henri Prades- Site archéologique Lattara 

La fermeture au public a permis à l’équipe de s’investir dans la réalisation de nouveaux projets comme par exemple la visite virtuelle de l’exposition « En route ! », de mettre en ligne les audioguides, d’approfondir et de prendre du temps pour certaines missions essentielles. Par ailleurs, ce temps de fermeture a permis de se concentrer sur les travaux d’entretien du musée et de réfléchir à des projets structurants. Le moteur principal du fonctionnement du musée reste néanmoins l’accueil physique des visiteurs et le contact direct avec les œuvres. 

Le Conservatoire à rayonnement régional

La crise sanitaire a permis la mise en place de nouvelles pratiques, ces nouvelles pratiques (captations, directs, …) nous permettent de repenser et d’améliorer notre action de communication.

Le service des archives

Malgré le manque d’équipement informatique, les confinements ont permis de réfléchir aux travaux qui pouvaient être réalisés à distance et préfigurer la mise en place du télétravail ; mais aussi d’en percevoir déjà les bénéfices et les limites tant dans l’exécution des missions que dans le management et la cohésion de l’équipe. 

La crise n’a pas été un levier, mais comme toute crise a magnifié les talents et qualités de chacun (maintien du lien avec les agents via le téléphone – tous n’étant équipés de PC personnels-  imagination, adaptation, motivation) et mis en évidence les défaillances, qu’elles soient humaines et individuelles ou techniques et collectives.

Les lieux d’art et d’histoire

 

La crise sanitaire est l’occasion d’évaluer l’offre, les tarifs, les processus de gestion de projet et de gestion de l’activité courante, les processus de management d’équipe, de communication interne et externe. Si les services et leur direction saisissent cette opportunité, il peut en résulter du positif collectivement (implication des agents, production d’une offre innovante et plus adaptée au contexte, optimisation du fonctionnement, apprentissage de l’adaptabilité, réflexion sur le sens des missions culturelles). Si ces opportunités ne sont pas saisies, l’activité du service n’est pas adaptée en fonction de la situation, des dysfonctionnements se font jour, les personnels se démotivent, se désinvestissent, voire entrent en souffrance.